Spectacle Makbeth à Château-Arnoux-Saint-Auban le 3 novembre 2026
Les artistes de Makbeth
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Plus d'infos sur le spectacle Makbeth
Des brumes d’une lande indéfinie survient une guerre violente et sauvage. À la suite d’une bataille sanglante, le capitaine Makbeth fait une rencontre surnaturelle où il lui est révélé que la couronne sera bientôt à lui. Épaulé par son épouse Lady Makbeth et pressé par son ambition, il s’enfonce dans une spirale de violence qui le conduira jusqu’à la folie.
Tout comme Makbeth, les hommes puissants commettent encore des massacres au nom de la paix et, sous le vernis de notre civilisation éclairée, la barbarie gronde. Comment ne pas reconnaître dans l’ensauvagement des conflits mondiaux actuels l’escalade meurtrière du héros shakespearien ?
Nous montons Makbeth car la douleur de ce monde est insupportable.
Inlassablement, regarder la violence en face, l’enfer que l’humanité s’est créé pour elle-même. Essayer d’interpréter les schémas qui nous plongent dans le malheur pour tenter d’endiguer leur répétition cyclique. À l’échelle de l’histoire de l’humanité, mais aussi à celle de notre quotidien, dans nos relations aux autres et à la réalité.
Car au-delà de la fable politique, c’est aussi nos ténèbres individuelles que la pièce nous incite à contempler. Notre rapport au pouvoir, à l’ambition et à la domination. La pièce met en scène le chaos créé par nos fantasmes, quand nous perdons notre vie en tentant de la gagner, quand l’illusion du gain camoufle le risque de la perte de ce que nous avons déjà.
Pour autant, Shakespeare n’est jamais donneur de leçon. En poète, il apporte de la complexité à notre perception du réel. Il nous montre que rien n’est univoque, que les choses contiennent leurs envers et qu’elles sont toujours sujettes à des interprétations variables. Les contraires s’attirent et du plus grand bien peut jaillir le mal absolu. La tragédie de la pièce, c’est celle de l’utopie d’un monde meilleur qui devient infernal. Car les époux Makbeth ne sont pas diaboliques par nature, ils aspirent à la paix et à un futur lumineux et vivable, mais par une terrible erreur de jugement, une mauvaise interprétation d’un oracle équivoque, ils commettent un massacre pour obtenir cette paix. Makbeth croit avoir obtenu le don de clairvoyance, mais en réalité il est aveuglé par les prédictions. Il espérait la sécurité, l’admiration, la paix, mais son acte d’usurpation en détruit toute possibilité et, une fois au pouvoir, il obtient l’insurrection, la haine et la guerre.
Nous montons Makbeth car l’enfer de ce monde est inacceptable.
Mais nous montons aussi Makbeth car au Munstrum, notre quête est celle de la Joie.
Pourquoi alors plonger dans cet enfer et s’attaquer à la pièce la plus sombre de Shakespeare ? Peut-être parce que, comme il nous l’apprend, les ténèbres sont pétries de lumière et, sans malheur, il n’est pas de véritable joie. L’une est la condition de l’autre. C’est en embrassant les ténèbres, en les traversant, que l’on donne à notre joie sa valeur véritable.
Car, justement interprétés, nos malheurs deviennent le prologue de nos bonheurs futurs. L’alchimiste transforme le plomb en or. Le Théâtre transforme les désastres et en fait les fondements de notre délivrance. C’est ce qui fait de la représentation théâtrale une expérience sacrée. La catharsis s’opère ici grâce au rire et nous permet l’empathie, la consolation, la métamorphose. Ce rire implacable nous donne la force de regarder les monstres en face et peut-être de les affronter.
C’est pour nous que Makbeth plonge dans l’horreur du crime et qu’il se déshumanise. Il se sacrifie pour que nous, en contemplant sa chute avec effroi, nous devenions humains.
En coréalisation avec La Passerelle, Scène nationale de Gap et des Alpes du Sud.
Avec le soutien du réseau TDBP - Théâtre Durable Bon pour la Planète (Théâtre du Briançonnais, Théâtre La Passerelle (Gap) et Théâtre Durance (Château-Arnoux-Saint-Auban).
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